Oradour-sur-Glane

Lundi 16 décembre a été consacré à la visite du village martyr d’Oradour-sur-Glane.

– Visite du centre de la mémoire d’Oradour : documents d’archives, films, témoignages

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– Visite du village martyr : mémorial, cimetière et église

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« Quand nous rentrons dans ce mémorial une ambiance glaciale nous envahit, nos cœurs se serrent dans nos poitrines, nos visages se ferment. Mais cette ambiance s’intensifie quand nous remarquons que nous sommes le 14 novembre, le lendemain des attentats à Paris l’année dernière. Nous regardons, lisons les photos et les explications dans le plus grand des silences. Au cours de la visite, nous prenons conscience de l’horreur que ces gens, nos frères français, ont vécu et du courage dont ils ont fait preuve. Mais cela n’est qu’un avant goût… A l’entrée du village, comme une pause sentimentale, nous rions sans savoir ce que nous allions ressentir. En franchissant les portes du village, nous sommes terrorisés, nous avons l’impression de marcher sur les morts, des morts qui avaient notre âge… des morts innocents. Nous apercevons des plaques avec écrit « lieu de supplice », nous détournons nos regards comme si nous ne voulions pas voir, la peur de pleurer sûrement. A la vue de l’église, où des femmes et enfants ont été assassinés, nos tripes se nouent, nous nous pinçons mutuellement pour vérifier si cela est réel. Nous osons rentrer, l’ambiance est oppressante, des larmes ont commencé à couler, non je dois être fort comme eux ! Nous continuons, à l’entrée du cimetière, nous voyons la tour, allons voir. On se dirige dans un silence religieux ; arrivés devant, nous lisons les 640 noms, un par un, inscrits dans le marbre. Cela nous choque, des enfants, des nourrissons si innocents sont morts sous les coups des barbares, cela reste inacceptable. Enfin nous sortons. Nos sentiments se bousculent dans nos têtes,nous cherchons du regard nos amis pour voir leurs réactions. Je ne suis pas le seul à avoir été aussi touché au fond de moi. L’heure du départ arrive, nous partons avec le souvenir des victimes innocentes massacrées, une part de nous est restée avec eux comme une trace de respect. Un devoir de mémoire se dresse alors derrière chaque visage. »

Bastien Gironis et Zoé Courant

Rappel historique : Drame du 10 juin 1944

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Hitler ordonna que l’on brûle les villages dans lesquels on supposait la présence de résistants. C’est à 13h30 un samedi, que les Allemands sont arrivés à Oradour-sur-Glane. Plus de 642 victimes, dont 50 n’ont jamais été identifiées ; seulement 6 personnes survivront. La veille, 19 personnes ont été pendues à Tulle. Robert Hébras a dit : « Les soldats n’étaient pas agressifs, ils nous ont disposés d’un côté, et les femmes de l’autre. Après nous avons vu les femmes et les enfants partir, c’est alors que les Allemands ont demandé au maire de s’avancer et de désigner des otages, il s’est auto-choisi. Les Allemands nous ont alors dit qu’ils fouilleraient les maisons à la recherche d’armes, on put entendre un soulagement de la part des hommes. » Robert Hébras est l’un des derniers survivants. Celui-ci était loin d’imaginer que lorsque les Allemands les enfermeraient dans les granges, ces barbares crééraient alors l’horreur en 15 minutes. Le commandant leur ordonna le gazage des femmes, la fusillade des hommes, et d’incendier leur village. Oradour n’est plus qu’une ville fantôme, où les âmes tourmentées revivent et revivront cette journée à jamais.

Christelle Cailliet et Amélie Hoste

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